Qui était Georges Marchais, l'homme politique français décédé en novembre 1997?

Qui était Georges Marchais, l'homme politique français décédé en novembre 1997?

Georges Marchais était un cadre du Parti communiste français. Il en a été le secrétaire général de 1972 à 1994. Il a par ailleurs été député européen de 1979 à 1989, et député à l'Assemblée nationale française entre 1973 à 1997, l'année de sa retraite et de son décès. Il a été foudroyé par un malaise cardiaque, le 16 novembre 1997, à l'hôpital Lariboisière. En octobre 2015, Yves Buchsenschutz a publié un article dans lequel il soulignait le catastrophisme de Georges Marchais.

Qui était Georges Marchais, l'homme politique français décédé en novembre 1997?
Georges Marchais lors d'une rencontre avec de ouvriers de la Société nationale industrielle aérospatiale à Chatillon le 18 aout 1976. Photo: @Michel Artault
Source: Getty Images

Né le 7 juin 1920 à La Hoguette dans le Calvados et mort le 16 novembre 1997 à Paris, Georges Marchais était un homme politique français. Il a été élu à six reprises comme député français et a assuré ces fonctions pendant 24 ans et 19 jours avant de prendre sa retraite.

Présentation sommaire de Georges Marchais

  • Nom de naissance: Georges René Louis Marchais
  • Genre: homme
  • Date de naissance: 7 juin 1920
  • Âge à sa mort: 77 ans
  • signe du zodiaque: Gémeaux
  • Lieu de naissance: La Hoguette, département du Calvados, France
  • Résidence à sa mort: Champigny-sur-Marne
  • Nationalité: française
  • Ethnicité: blanc
  • Sexualité: hétéro
  • Couleur des cheveux: noire
  • Couleur des yeux: bleue
  • Mère: Germaine Boscher (1889-1974)
  • Père: René Marchais (1886-1930)
  • Frères et sœurs: Renée Marchais, Berthe Daunou, Marcel Daunou et Robert Daunou
  • État matrimonial: marié
  • Epouse: Liliane Marchais (24 août 1935-9 avril 2020)
  • Enfants: Michèle Guion, Monique Léri, Claudine Bonhomme, Olivier Marchais
  • Métier: Ouvrier métallurgiste puis homme politique

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Origines de Georges Marchais

Georges Marchais était le fils unique de René Marchais (1886-1930) et de Germaine Boscher (1889-1974), veuve de guerre remariée. Contrairement à son père qui était issu d'un milieu modeste, la mère de Georges Marchais quant à elle était membre d'une famille bourgeoise. Celle-ci a même considéré que son mariage avec René Marchais était une mésalliance.

La famille Marchais est originaire de la Mayenne, un département français de la région Pays de la Loire dont le chef lieu est Laval. L'arrière-grand-père de Georges, Pierre Marchais, était couvreur et charpentier. Les parents de celui-ci se sont mariés le 14 juillet 1789 à La Chapelle-Anthenaise.

En 1941, Georges Marchais a épousé en premières noces Paulette Noetinger (1920-2007). Avec elle, il a eu trois filles, Michèle, Monique et Claudine Marchais. Il s'est séparé de Paulette en 1959. Georges Marchais a ensuite épousé en secondes noces Liliane Grelot, en février 1977. Olivier Marchais est né de ce mariage.

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Enrôlement à la seconde guerre mondiale et débuts en politique

Avant l'invasion allemande de mai 1940, Georges Marchais est devenu mécanicien ajusteur à l'usine aéronautique Voisin d'Issy-les-Moulineaux alors qu'il était âgé de vingt ans.

Lors de l'Occupation, les usines aéronautiques de la région parisienne ont été réquisitionnées par les Allemands pour la production des avions de chasse Messerschmitt et pour la réparation d'avions endommagés.

En décembre 1942, sur le conseil de ses mandants qui avaient donné un avis favorable à son recrutement chez Voisin, le jeune Georges Marchais a été muté par l'entreprise pour travailler au sein de la société Messerschmitt à Augsbourg en Allemagne, et y recueillir des informations.

Il a ensuite déclaré avoir été victime du service du travail obligatoire (STO) et être rentré en France au début de l'année 1943. A l'entame de l'année 1970 et surtout à la veille de l'élection présidentielle de 1981, ses adversaires politiques ont saisi l'opportunité des révélations de l'Express pour l'accuser d'être parti travailler en Allemagne sans y avoir été contraint, contrairement à ce qu'il avait déclaré.

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De l'avis de l'historien Philippe Robrieux, la non résistante de Marchais a fait de lui un militant soumis aux ordres des dirigeants soviétiques qui possédaient son dossier biographique suivant leur méthode habituelle de "tenue en main" des mouvements politiques, y compris le mouvement communiste international.

Cette situation a d'ailleurs conduit à la marginalisation de grands résistants au sein du Parti Communiste français après la guerre et a favorisé l'ascension de Georges Marchais. L'historien Bruno Fuligni a pour sa part précisé que Georges Marchais n'a pas participé à la résistance armée après son retour d'Allemagne mais qu'il a plutôt distribué des tracts pour dénoncer l'occupation.

C'est à travers l'activisme syndical que Georges Marchais s'est retrouvé dans la politique après son retour d'Allemagne. En 1946, il a été porté à la tête du secrétariat du syndicat des métaux d’Issy-les-Moulineaux. Il est devenu secrétaire du centre intersyndical CGT dans la même commune, en 1951, et secrétaire de l'Union des syndicats de travailleurs de la métallurgie de la Seine en 1953. Il a occupé le dernier poste jusqu'en 1956.

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C'est à partir de 1947 qu'il est devenu membre du Parti communiste français (PCF). Dès lors, il y a connu une ascension fulgurante.

Georges Marchais, l'homme politique français décédé en novembre 1997
Les communistes Georges Marchais et Pierre Juquin à la tête du cortège, le 26 avril 1984 à Paris, lors de la manifestation pour la défense de l'école publique et de la laïcité. Photo: @AFP
Source: Getty Images

Parcours politique en dents de scie, du secrétariat général à sa retraite

En décembre 1972, Georges Marchais est devenu secrétaire général du Parti communiste français, succédant à Waldeck Rochet qui avait démissionné à cause de sa santé devenue fragile. Il a ensuite été élu député de la première circonscription du Val-de-Marne à partir de 1973. Après, il a enchainé dans le Val-de-Marne en 1986 puis à Arcueil-Cachan-Villejuif. Après le redécoupage électoral de 1988, il a été réélu sans discontinuité jusqu'en 1997.

Dès son arrivée à la tête du Parti communiste français, il a établi la continuité avec la politique de son prédécesseur. Le PCF a ainsi soutenu la candidature de François Mitterrand dès le premier tour de l'élection présidentielle de 1974.

Il a par ailleurs initié une certaine distanciation avec l'Union Ыoviétique en participant notamment à la constitution d'un pôle eurocommuniste avec le Parti communiste italien d'Enrico Berlinguer et le Parti communiste espagnol de Santiago Carrillo.

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En 1979, Georges Marchais a conduit la liste du PCF aux élections européennes et y a obtenu 20,6 % des voix. Cela lui a permis d'envoyer 19 députés PCF dont lui-même au Parlement européen. Il y est resté jusqu'en 1989.

Candidat communiste à l’élection présidentielle de 1981, Georges Marchais qui comptait sur un réseau actif de militants sur le terrain n'a pourtant obtenu que 15,35 % des voix, un score historiquement faible et inférieur aux données des sondages. Ce résultat a entériné la chute du Parti communiste français supplanté par le Parti socialiste de François Mitterrand qui a recueilli 25,85%.

Ce déclin s'est poursuivi jusqu'aux élections européennes de 1984 où Georges Marchais n'a obtenu que 11,20 % des suffrages, avec seulement 0,25 point de plus que le Front National. Son parti est ensuite passé très rapidement sous la barre des 10 %, battu par le Front Тational à l'élection présidentielle de 1988. Les choseы se sont aggravées à la suite de la dissolution de l'URSS, en 1991.

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Lors du 28e congrès du PCF, en janvier 1994, Georges Marchais a abandonné son siège de secrétaire général au profit de Robert Hue. En plus de son état de santé fragile, il était devenu la cible de nombreuses critiques à l'intérieur du parti. Il a néanmoins conservé son siège de membre titulaire du bureau politique devenu plus tard bureau national.

La même année, il est devenu président du comité du PCF pour la défense des libertés et droits de l'homme en France et dans le monde. En 1996, il est parti du bureau national, mais a été réélu au comité national.

Georges Marchais a ensuite quitté l'Assemblée nationale après avoir décidé de ne pas briguer un nouveau mandat de député aux élections législatives de 1997. L'un de ses derniers combats a été son opposition au changement de nom du parti souhaité par son successeur Robert Hue. Il l'a fait savoir en novembre 1997.

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Georges Marchais, décédé en novembre 1997
Des militants communistes regardent le cortège funèbre de Georges Marchais se diriger vers le parvis de la mairie de Champigny-sur-Marne, le 20 novembre 1997. Photo: @Eric Feferberg
Source: Getty Images

Mort d'un malaise cardiaque

Après avoir été victime de plusieurs infarctus en 1975, 1989 et 1990, Georges Marchais a vu sa santé se détériorer progressivement. En 1996, il a reçu un stimulateur cardiaque, un an seulement avant sa mort survenue le 16 novembre 1997, à l'hôpital Lariboisière. Georges Marchais est mort emporté par un malaise cardiaque.

La classe politique lui a rendu un vibrant hommage, à l'exception de quelques hommes politiques dont Balladur. Dans la presse, certains journaux ont salué sa mémoire alors que d'autres ont préféré peindre son parcours politique en noir. L'Humanité a titré "L'émotion", alors que Libération a détourné son propos sur les régimes soviétiques en le résumant sous le titre "globalement négatif".

Lors de funérailles organisées par le Parti communiste français, le 21 novembre 1997, il a été inhumé au cimetière de Champigny-sur-Marne, ayant refusé d'être enterré au cimetière du Père-Lachaise.

Vingt-trois ans plus tard, son épouse, Liliane Marchais, l'a suivi. Elle est morte frappé par la Covid-19 en avril 2020. La femme de Georges Marchais repose désormais à ses côtés, au cimetière du centre de Champigny-sur-Marne.

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En 2014, la place Georges-Marchais à Villejuif a été débaptisée par le conseil municipal et a été renommée parvis Georges Mathé.

Edouard Obadia, adjoint au maire chargé de la santé a justifié ce changement par le lourd passé du communisme dans la ville et les positions assumées de Georges Marchais en faveur de l’Union Soviétique. "Villejuif est une ville qui sort d’une chape de plomb de quatre-vingt-neuf ans de communisme. Ici, entre Marx, Lénine et Gagarine, tout n’est que communisme. Georges Marchais est un personnage très controversé. Il jugeait positivement le bilan de l’Union soviétique, ne s’est jamais exprimé contre l’invasion de la Tchécoslovaquie, a travaillé en Allemagne pendant la guerre…", a déclaré l'adjoint au maire.

Mais en janvier 2016, la place a été restaurée grâce à une décision du Tribunal administratif de Melun.

Plus de 20 ans après sa mort, l'ombre de Georges Marchais continue de planer sur la scène politique française. Bien que controversé pour ses positions favorables à l'Union Soviétique, il est entré dans l'histoire comme l'un des pionniers du Parti communiste français.

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